Le blog littéraire de Delphine Kilhoffer

Des news sur mes écrits en cours, assaisonnées de mes humeurs - généralement bonnes.

22 mars 2009

La faute des éditeurs

Dans l’indifférence quasi générale (je viens seulement de l'apprendre et pourtant je suis directement concernée !), une cinquantaine de lecteurs-correcteurs ont manifesté ce vendredi pour dénoncer les pratiques de certaines maisons d’éditions, nous dit Livres Hebdo. Le « certaines » maisons d’édition pouvant être traduit par une vaste majorité, y compris des grands noms que vous avez certainement dans votre bibliothèque…

Qu’est-ce qui énerve la profession ? Eh bien d’être payé en droits d’auteur alors que le travail fourni par un correcteur tombe sans ambiguïté aucune dans le cadre d’un emploi salarié. Oui, mais cela coûte beaucoup moins cher à l’éditeur de verser des droits d’auteurs : moins de cotisations (donc pas d’accès au régime générale de la sécu, pas de droit au chômage – le top pour la personne ainsi rémunérée), pas de congés payés, aucun engagement… le plan est presque trop parfait pour être vrai du côté des payeurs !

lettres

Et pourtant, c’est bien comme cela que ça se passe. On vous nomme officiellement « rewriter » pour justifier le côté « auteur » des droits en question, et hop, tu corriges le manuscrit. Pourquoi accepte-t-on ? Parce qu’il n’y a pas le choix. Si tu n’acceptes pas ces conditions-là, tu ne travailles tout simplement pas et déjà que les contrats ne sont pas si nombreux… En tout cas, je tire mon chapeau à ces collègues pour avoir brisé la loi du silence autour de cette pratique peu glorieuse.

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30 octobre 2008

Offre d’emploi

En tant que correctrice, je consulte régulièrement des sites professionnels de l’édition pour consulter les annonces et tenter de décrocher des nouveaux contrats. J’insiste au cas vous auriez lu trop rapidement la première phrase (ça arrive à tout le monde, ne vous inquiétez pas), nous parlons bien de sites spécialisés dans les métiers de l’édition. Ce matin, je ne peux résister à l’envie de partager avec vous un des profils de poste qui vient d’être mis en ligne :

« Votre mission sera l’entretien des locaux (vider les poubelles, nettoyage de la cafétéria et de la salle de sport…) tant en propreté qu’en manutention (aménagement des bureaux, bricolage interne, port de charges lourdes…). Vous serez également en charge du soutient administratif au service logistique pour les commandes (édition du bon de commande, réalisation de la commande, facturation, envoi de la commande, et gérer les archives). »

Eh oui, décidément, créer et publier des livres n’est plus ce que cela pouvait être, ma bonne dame ! Vous pensiez que vous alliez devenir assistant de rédaction, maquettiste ou éditeur ? Pas du tout, il s’agit de nettoyer la salle de sport et la cafét’. Histoire de vous rassurer encore plus, vous n’aurez pas été sans noter le style syntaxique défaillant de cette annonce et la superbe faute d’orthographe qui se trouve au milieu du texte.

Je pense que je vais me tourner vers les sites spécialisés dans la propreté, peut-être y trouverai-je un joli contrat de correctrice.

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18 octobre 2008

De l'influence de la crise sur le monde de l'édition

Depuis trois ans, les ventes des livres de Karl Marx ne se sont jamais aussi bien portées. Son éditeur espère des ventes record cette année, car plus notre société va mal, plus nous lisons Marx. A défaut de se retourner, le célèbre barbu doit ricaner dans sa tombe.

karlmarx

Il y a une autre conséquence de la crise financière actuelle sur le monde de l'édition que je trouve nettement moins amusante. En ce moment, les traders de Wall Street sont en train de se battre aux portes des plus grands éditeurs pour s'assurer des contrats. Ces charmants personnages qui ne perdent jamais le nord et savent tirer leur épingle du jeu en toute circonstance sont nombreux à proposer d'écrire des livres-témoignages, du genre : l'Effondrement de la bourse vu de l'intérieur, J'étais là le jour où le CAC 40 a coulé, etc.

Je ne sais pas vous, mais un tel opportunisme a une fâcheuse tendance à me faire froid dans le dos. S'il vous plait, je vous le demande comme une faveur, le jour où ces fichus bouquins arriveront en France, ne les achetez pas. Remarquez, cela ne devrait pas être très difficile, puisque nous n'aurons déjà plus un rond.

Posté par D_K_ à 11:14 - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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