Le blog littéraire de Delphine Kilhoffer

Des news sur mes écrits en cours, assaisonnées de mes humeurs - généralement bonnes.

31 mars 2009

L'inspecteur Blogo

Le temps n’arrêtait pas de filer du mauvais coton. L’inspecteur Blogo releva le col de son imperméable, un peu pour se protéger du vent printanier trop frais à son goût, beaucoup parce qu’il trouvait le geste cool. Ca lui faisait croire, l’espace d’un instant, que son prénom était Humphrey et non Sphère… Et ce n’est pas ses kilos en trop qui l’aidaient à porter plus facilement ce patronyme venu d'une époque hippie arrosée au LSD. Il avait surpris trop souvent les mauvais jeux de mots des flics sous ses ordres. Bizarre comme les gens pensent toujours que les gros n’ont pas l’ouïe fine. Ni l’esprit fin d’ailleurs. Et pourtant. Quand le big boss avait noté la disparition pendant plusieurs jours d’affilée de D.K. sur la toile, qui avait-il appelé ? Blogo.

S’il l’avait désigné lui et pas un autre pour mener l’enquête, c’est parce que l’affaire s’annonçait délicate, et qu’il savait pouvoir compter sur son doigté. Un doigté qui n’avait pas son pareil pour faire cliquer les souris et pianoter les claviers. Ces informateurs pouvaient parfois vous emmener dans des digressions interminables, faisant des liens là où l’on en aurait pas imaginé, mais Blogo avait le chic pour aller à l’essentiel. Quelque chose lui soufflait qu’il aurait bien besoin de tous ses talents pour comprendre le pourquoi du comment de cette absence…

detective

A suivre… (ou pas, selon mon humeur les avancées de Blogo)

Posté par D_K_ à 19:48 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,


28 mars 2009

Balade dans le temps

Jeudi soir, Petite Femme et moi devions aller au théâtre et en chemin, nous sommes passées rue André Del Sarte qui était squattée par une équipe de cinéma. Il s’agissait d’un tournage sur la vie de Gainsbourg et plus particulièrement la période des années 1950 et 1960.

Pour l’occasion, de vieilles voitures et une fourgonnette de police d’époque étaient stationnées le long du trottoir. Une maison était transformée en hôtel un peu louche et un magasin honorable a vu sa devanture se faire draper de rideaux rouges et un néon clamer : « Les nus les plus osés du monde ». A notre grand dam, nous n’avons pas pu entrer pour vérifier si l’assertion était véridique… Mais sur quelques dizaines de mètres, nous avons déambulé dans le temps.

Et cela m’a rappelé ceci :

aucoeurdutemps

Et vous, vous rappelez-vous d’Au cœur du temps ?

Posté par D_K_ à 16:14 - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 mars 2009

Dans ma peau

Les mots qui me viennent en ce moment sont très personnels. Je ne suis pas sûre que ce blog soit leur place. J'y réfléchis. En attendant, comme je n'arrive pas à écrire autre chose, je vous laisse avec une photo qui reflète mon état d'esprit.

Peau_d_Ane_11

Posté par D_K_ à 19:32 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

22 mars 2009

La faute des éditeurs

Dans l’indifférence quasi générale (je viens seulement de l'apprendre et pourtant je suis directement concernée !), une cinquantaine de lecteurs-correcteurs ont manifesté ce vendredi pour dénoncer les pratiques de certaines maisons d’éditions, nous dit Livres Hebdo. Le « certaines » maisons d’édition pouvant être traduit par une vaste majorité, y compris des grands noms que vous avez certainement dans votre bibliothèque…

Qu’est-ce qui énerve la profession ? Eh bien d’être payé en droits d’auteur alors que le travail fourni par un correcteur tombe sans ambiguïté aucune dans le cadre d’un emploi salarié. Oui, mais cela coûte beaucoup moins cher à l’éditeur de verser des droits d’auteurs : moins de cotisations (donc pas d’accès au régime générale de la sécu, pas de droit au chômage – le top pour la personne ainsi rémunérée), pas de congés payés, aucun engagement… le plan est presque trop parfait pour être vrai du côté des payeurs !

lettres

Et pourtant, c’est bien comme cela que ça se passe. On vous nomme officiellement « rewriter » pour justifier le côté « auteur » des droits en question, et hop, tu corriges le manuscrit. Pourquoi accepte-t-on ? Parce qu’il n’y a pas le choix. Si tu n’acceptes pas ces conditions-là, tu ne travailles tout simplement pas et déjà que les contrats ne sont pas si nombreux… En tout cas, je tire mon chapeau à ces collègues pour avoir brisé la loi du silence autour de cette pratique peu glorieuse.

Posté par D_K_ à 23:00 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 mars 2009

Divins divans ou L’insoutenable légèreté des lettres

Du Salon-dont-on-cause, j’ai finalement ramené peu de livres. Parmi eux, il y avait celui d’une auteure et blogueuse que beaucoup connaissent déjà : Françoise Guérin. Son recueil de nouvelles a un titre formidable, Un dimanche au bord de l’autre. Déjà, y transparaît l’amour des mots et du jeu, deux qualités qui ne se cantonnent pas à la couverture, mais accompagnent toutes les pages de ce livre.

Un_dimanche_au_bord_de_l_autre

Françoise est maligne, elle s’amuse des histoires et des tournures pour mieux nous surprendre. Ses nouvelles ont comme fil conducteur la psychanalyse. Docteurs ou patients, les personnages ont tous un inconscient qui leur joue des tours plus ou moins drôles… Outre le plaisir de chaque histoire et de sa chute, il y a ici la jubilation des mots que l’auteure fait résonner et raisonner dans un joyeux tourbillon ludique. Comme si cela ne suffisait pas, s’y ajoute une humanité qui transpire de partout. Extrait :

"Monsieur Tarib me regarde pleurer sans un mot. Du bout de son pied, il dessine des cercles terreux sur le sol de la cour. Il n’a pas allumé sa cigarette qui tremble entre ses doigts jaunis.
- Quand j’étais petit, dit-il à voix basse, je croyais que c’étaient les faibles qui pleuraient.
Il se lève, glisse la cigarette et le briquet dans sa poche et fait quelques pas pour rentrer.
- Je me trompais, ajoute-t-il sur le pas de la porte.
Je ne réponds pas. L’odeur des acacias en fleurs me soulève le cœur.
"

Je tire mon chapeau à la dame – cela faisait un petit moment que je n’avais pas eu un si joli coup de coeur. Allez ouste, filez chez votre libraire plutôt que de regarder cet écran, Un dimanche au bord de l’autre vous y attend !

18 mars 2009

Tonino, enfin...

Mardi j'ai donc fait ma seconde escapade au Salon-dont-on-cause. J'y ai dépensé un peu d'argent, mais surtout je voulais y rencontrer un auteur que j'ai une fâcheuse tendance à manquer à quelques heures près lors de ses apparitions publiques : Tonino Benacquista. Cette fois, nos montres étaient coordonnées et j'ai pu échanger quelques mots avec lui et faire dédicacer mon vieil exemplaire de Saga. Ce livre n'est peut-être pas le plus représentatif de ces romans (qui ont souvent une touche plus noire), mais je lui voue une certaine tendresse.

Benacquista_002

Et ne voilà-t-il pas que justement, Tonino (je mets que le prénom, ça fait tout de suite plus cool) m'annonce qu'il a adapté Saga pour le théâtre et que la pièce va être montée pour la première fois en septembre ! Voilà qui promet d'être intéressant. Je sais déjà sur quoi va porter une de mes premières chroniques théâtrales de la rentrée, hé hé hé...

Posté par D_K_ à 12:17 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 mars 2009

L'amoureux

Un soir de début de semaine, Petite Femme et moi rentrions à pied d’un spectacle et longions le parc du Sacré Cœur, fermé depuis bien longtemps à cette heure tardive. Soudain, un bruit semblable à celui d’un buisson que l’on secoue nous fait scruter l’obscurité…

Derrière les grilles du parc, sur les pentes herbeuses menant vers les sommets de Montmartre, un jeune homme est accroupi à côté d’un plant de jonquilles qu’il a attrapé à pleines mains et sur lequel il tire avec détermination. Nous remarquant, il nous décoche un charmant sourire et nous lance : « Juste un amoureux des fleurs ! »

A peine avons-nous fait deux pas pour nous éloigner que nous entendons un bruit de chute (pas trop violent, je rassure les âmes sensibles) et un grand : « Merde ! » Nous n’avons pas voulu embarrasser l’amant transi qui venait d’essuyer une cuisante défaite en lui imposant des spectatrices – nous avons continué notre route, en riant doucement.

jonquilles

Posté par D_K_ à 19:10 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

13 mars 2009

Le salon dont on cause

Aujourd’hui, le Salon du Livre de Paris à ouvert ses portes (je précise « de Paris », parce que des Salons du Livre, il s’en tient un peu partout en France, ne pas préciser que celui-ci est celui de Paris c’est un peu comme nier tous les autres…). Même si j’y ai passé une partie de l’après-midi, par pur esprit de contradiction je vais vous causer théâtre. Et puis accessoirement, cela m’évitera de me creuser la tête pour tenter de dire un truc vaguement intelligent, drôle, inhabituel ou surprenant au sujet de ce fameux salon dont tout le monde parle en ce moment en essayant de trouver un truc à dire qui soit vaguement intelligent, drôle, inhabituel ou surprenant (voire tout à la fois pour les plus ambitieux).

salon_du_livre

Ce vendredi, je publie trois articles sur Culturofil : une critique de La Nuit de l’iguane, une autre sur Angela et Marina (la seule pièce de théâtre écrite par Nancy Huston, géniale auteure qui sera au Salon du Livre de Paris dimanche) (saperlipopette, j’avais dit que j’en causais pas !) et enfin un entretien avec Claudia Stavisky, metteuse en scène éclairée et directrice des Célestins à Lyon. Une grande dame de théâtre qui respire la connaissance et l’amour de son art. La qualité de sa réflexion, qui revient toujours à l’humain, fait du bien à entendre en cette époque où le théâtre se laisse parfois entraîner dans un cérébralisme froid. Je vous invite vraiment à aller découvrir son travail : avec trois de ses pièces qui tournent en ce moment, il doit bien y en avoir une pas trop loin de chez vous.

Voilà, maintenant que j’ai parlé d’autre chose, peut-être que dans un prochain billet je vous causerais de ce qui se passe Porte de Versailles (à Paris)…

Posté par D_K_ à 18:40 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

11 mars 2009

Casting pour roman

J’ai été aliénée (verbe qui, dans la blogosphère, indique que quelqu’un vous a mis en lien sur son blog) par Nathalie dans le cadre d’un tag spécial auteurs. Il s’agit de donner un casting d’acteurs pour son roman/nouvelle/novelle an cours, avec photos.

Ceux d’entre vous qui ont lu le recueil Cadavreski, ont déjà eu un aperçu des personnages dont je vais vous parler avec la nouvelle Rêve de sorcière. En effet, cela fait un petit moment que l’idée me trotte dans la tête de réembarquer Joséphine dans une autre histoire, et a priori cette fois ce serait plus long qu’une nouvelle…

Dans le rôle de Joséphine : Maggie Gyllenhaal

maggie_gyllenhall

Certes, elle est un peu jeune pour le personnage, mais le temps de finir l’écriture, signer les contrats et peaufiner l’adaptation cinématographique, ce ne devrait plus être un souci…

Dans le rôle de l’inspecteur Clignant : Mark Ruffalo

Mark_Ruffalo

Lui, depuis que je l’ai vu dans In the cut de Jane Campion, il fallait que je le case dans une de mes histoires, et dans celle-ci, je crois qu’il irait très très bien.

Je passe le fauteuil de directeur de casting à qui veut bien le prendre : si vous avez une histoire en tête, lancez les auditions !

Posté par D_K_ à 11:10 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 mars 2009

Milk is good for you

Petite Femme et moi sommes allées voir Harvey Milk. Le film est habilement écrit, très bien réalisé et superbement interprété par Sean Penn, mais aussi tous ceux qui l’entourent. Un des aspects que nous avons particulièrement apprécié, c’est que personne ne " joue l’homo " – faut pas croire, cela arrive encore beaucoup trop souvent… Non, pas de clichés. Juste des gens qui demandent à avoir les mêmes droits que tous. Harvey Milk est une puissante histoire vraie, qui raconte une lutte pour la tolérance et le respect – les profs de lycée devraient emmener leurs classes voir ce film.

Harvey_Milk_affiche

Il est intéressant de noter que le combat que Milk mena dans les années 1970 contre la discrimination des homosexuels, se joue de nos jours de façon similaire pour le droit au mariage. En effet, ce sont à travers des batailles légales en Californie que les gays et lesbiennes luttent pour obtenir le droit au mariage. Bien sûr, le thème lui-même montre que des progrès ont été fait, mais ce n’est franchement pas assez. Et la France devient une vraie lanterne rouge au regard du reste de l’Europe occidentale…

Récemment, j’en discutais avec un ami hétéro qui a soulevé un point auquel je n’avais pas pensé (citation de mémoire) : « Je ne comprends pas pourquoi les gens ont peur du mariage homo. C’est pourtant très traditionnel finalement. Une fois que t’es marié, si tout va bien, tu restes en couple et puis c’est tout, tu emmerdes personne. Ce n’est pas comme si vous militiez pour la polygamie pour tous ! Là, ce serait vraiment révolutionnaire pour l’ordre établi… »

Posté par D_K_ à 21:27 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1  2   Page suivante »